Reactive
Face aux défis sanitaires mondiaux, le leadership français à l’épreuve de ses contradictions
9 avril 2026
Le changement climatique est aujourd’hui la première menace qui pèse sur la santé des populations. Vagues de chaleur, inondations, insécurité alimentaire, transmission de maladies infectieuses, les effets sanitaires du changement climatique sont multiples, croissants et impactent plus durement les populations les plus vulnérables. Au-delà de l’impact sur la santé humaine, le changement climatique exerce une pression sur les systèmes de santé et met en péril notre capacité à délivrer des soins de qualité.
Ces dernières années, la santé a fait sa place dans les discussions climatiques internationales dès la COP26 en 2021 et jusqu’à l’adoption du Plan d’Action de Belém à la COP30 en 2025. Ces nouveaux cadres d’action ont permis de rassembler les États derrière des objectifs communs et de les encourager à agir pour protéger les populations et renforcer leurs systèmes de santé pour faire face aux chocs climatiques.
Action climatique, par l’atténuation du réchauffement planétaire, et action sanitaire, via le renforcement de la résilience des systèmes de santé, sont les deux faces d’une même pièce et doivent désormais devenir une priorité des gouvernements s’ils veulent pouvoir protéger durablement la santé de leurs populations.
Mais malgré des avancées notables sur la scène internationale, la reconnaissance politique progresse plus vite que les financements. La santé reste encore largement sous-financée dans les mécanismes internationaux de financement climatique. À l’échelle nationale, le manque de moyens dédiés aux politiques climatiques et la précarisation des systèmes de santé mettent également en péril la capacité des pays à répondre aux enjeux.
La priorisation des enjeux de santé et de climat est aujourd’hui encore faible. Elle peut être attribuée à la mauvaise connaissance des risques sanitaires liés au changement climatique, à la montée du climatoscepticisme ou encore à la croissance de la désinformation sanitaire et climatique. L’ensemble de ces facteurs freine l’action sanitaire et climatique à tous les niveaux de l’action politique.

