Quand l’aide à la santé recule, c’est notre sécurité à tous qui diminue

Les dernières projections de l’OCDE indiquent une contraction dramatique de l’aide publique au développement mondial, la santé étant le secteur qui subit la baisse la plus brutale. L’aide bilatérale à la santé de la part des principaux donateurs pourrait chuter de près de 46 % entre 2024 et 2026, tandis que l’assistance humanitaire devrait baisser de plus de 40 %.

Il ne s’agit pas de chiffres abstraits. Ils annoncent un monde qui devient moins préparé, moins résilient et moins sûr.

À une époque où Ebola, le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA continuent de faucher des millions de vies, et alors que plus de 235 millions de personnes ont besoin d’être protégées contre les conflits et les catastrophes liées au climat, réduire le financement de la santé est tout l’inverse d’un choix stratégique.

Les conséquences sont déjà visibles :

  • Davantage d’enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire.
  • Des programmes de vaccination, de prévention et de traitement revus à la baisse.
  • Des systèmes de santé fragiles qui perdent leur capacité à détecter les épidémies et à y répondre.
  • Des urgences de santé publique de plus en plus fréquentes et de plus en plus coûteuses.

Ce qui est en jeu

  • La sécurité sanitaire : parce que les coupes budgétaires affaiblissent la capacité du monde à prévenir, détecter et réagir aux épidémies.
  • Des vies en danger : parce que les enfants et les communautés vulnérables sont les premiers à en payer le prix.
  • La stabilité mondiale : parce que des systèmes de santé sous-financés rendent les crises futures plus probables et plus onéreuses.

Le G7 lui-même a reconnu que l’Aide Publique au Développement est essentielle pour soutenir les systèmes de santé et d’autres services de base dans les pays ayant un accès limité aux capitaux. Pourtant, les tendances actuelles en matière de financement vont exactement dans la direction opposée.

La France et l’Union européenne disposent aujourd’hui d’une opportunité historique.

Alors qu’une partie des acteurs de la santé mondiale bat en retraite, l’Europe peut aider à façonner un nouvel ordre sanitaire mondial — un ordre qui place l’équité, la résilience et la solidarité au cœur des décisions de financement.

Car investir dans la santé mondiale n’est pas de la charité. C’est l’un des investissements les plus intelligents qu’un pays puisse faire pour sa propre sécurité, sa stabilité et son avenir.