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Propositions pour un doublement des engagements financiers de la France sur les questions de droits et santé sexuels et reproductifs

By 26 avril 2021avril 27th, 2021No Comments

Document de position

Pour être à la hauteur des discours portés et du leadership politique français sur les questions de droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR) au sein des enceintes internationales, nos associations demandent que la France s’engage à doubler le niveau actuel de ses financements internationaux en faveur des droits et santé sexuels et reproductifs, en consacrant a minima 200 millions d’euros annuels à ces enjeux sur la période 2021-2026.

Les DSSR sont une traduction dans les politiques publiques de revendications portées depuis toujours par les mouvements féministes. Ce sont à la fois des libertés individuelles fondamentales et des éléments indispensables pour tendre vers un projet de société féministe. Depuis quelques années, la France a amorcé un tournant dans sa politique étrangère, et passe progressivement d’une approche démographique à une approche basée sur les droits humains, un tournant indispensable pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Cette évolution doit se poursuivre dans tous ses cadres stratégiques et opérationnels si la France souhaite accompagner les changements sociétaux vers l’égalité de genre, et asseoir sa crédibilité dans le paysage des diplomaties dites féministes.

Malgré des efforts ces dernières années, l’aide publique au développement international en faveur des droits et santé sexuels et reproductifs reste insuffisante par rapport aux enjeux. Chaque année, dans les régions en développement, 30 millions de femmes continuent d’accoucher en dehors des établissements de santé, 35 millions avortent dans des conditions dangereuses, et 218 millions désirant éviter une grossesse n’ont pas accès à une contraception moderne. Chaque année, ce sont 70 000 adolescentes qui meurent des suites de complications liées aux grossesses et aux accouchements : il s’agit de la deuxième cause de décès des filles de 15 à 19 ans dans le monde. 35% des femmes déclarent avoir été victimes au moins une fois de violences physiques et/ou sexuelles. À l’image de leur invisibilisation, les données manquent cruellement pour les populations stigmatisées. À titre d’exemple, en France, 63 % des personnes trans interrogées auraient renoncé à des soins suite à des discriminations ou par peur de préjugés3. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’aggraver ces constats, et a renforcé les barrières auxquelles les femmes, les filles et les groupes marginalisés étaient déjà confrontés pour accéder à leurs DSSR. Un investissement massif en faveur des DSSR est donc plus que jamais urgent et nécessaire, sans quoi l’égalité de genre et les Objectifs de Développement Durable (ODD) ne seront pas atteints.

Afin que son leadership en faveur des DSSR puisse pleinement se traduire, la France doit assortir ses engagements internationaux de mesures financières concrètes. Nos organisations demandent un doublement des financements alloués aux DSSR, accompagné d’un ciblage précis vers une approche holistique du sujet. Le Collectif Générations Féministes présente ici une note de positionnement en vue du Forum Génération Égalité demandant à l’État français de :

I- ASSURER UN FINANCEMENT INTERNATIONAL DURABLE QUI DONNE PLEINEMENT ACCÈS AUX SERVICES ESSENTIELS DE SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

II- CIBLER LES FINANCEMENTS VERS UNE APPROCHE HOLISTIQUE DES DSSR