Quand la santé devient une arme informationnelle

La désinformation en santé : un nouvel outil d’ingérence étrangère

Depuis plusieurs années, la France est devenue l’une des principales cibles d’ingérences étrangères provenant notamment de Russie ou de Chine. À travers les « FIMI » (Foreign Information Manipulation and Interference, ou manipulation de l’information et ingérence étrangère), des puissances étrangères multiplient les offensives numériques pour influencer les opinions.

La santé occupe une place particulière dans cette nouvelle guerre de l’information. Depuis la pandémie de Covid-19 notamment, traitements, vaccins et parole scientifique ont fait l’objet d’attaques répétées.

Ces campagnes ont un objectif clair : exploiter les peurs et les incertitudes liées à la santé pour créer de la défiance, amplifier les divisions sociales et affaiblir la capacité d’un État à prendre et faire accepter des décisions collectives. La santé peut alors devenir un point d’entrée pour atteindre une cible très stratégique : la confiance dans les institutions. Le but n’est pas toujours de faire croire, il est de faire douter.

Protéger les populations contre la désinformation en santé ne consiste donc pas uniquement à démentir les fausses informations une fois qu’elles ont circulé. Il s’agit aussi de protéger les conditions qui permettent à une société de faire face à une crise : une information fiable, des institutions crédibles, une science indépendante et une population en capacité de distinguer les faits des manipulations.