Budget 2027 : L’aide au développement à nouveau sacrifiée

Paris, le 1er octobre 2026 – Alors que le Gouvernement présente aujourd’hui le projet de loi de finances pour 2027, ONE, Sidaction, Médecins Sans Frontières, et Action Santé Mondiale dénoncent une nouvelle coupe de 398 millions d’euros (-11 %) dans le budget d’aide publique au développement — la sixième baisse consécutive depuis 2024. En trois ans, les crédits de la mission APD auront été divisés par deux, passant de 6,5 à 3,2 milliards d’euros.

Les ONG ONE, Sidaction, Médecins Sans Frontières et Action Santé Mondiale dénoncent une nouvelle coupe complètement disproportionnée dans la mission APD. Ces 400 millions d’euros supplémentaires que le Gouvernement entend supprimer sont pourtant indispensables : cette somme permettrait à la France de vacciner plus de 6 millions d’enfants dans les pays pauvres, ou de sauver près de 400 mille vies.

Si les États-Unis sont souvent pointés du doigt comme les principaux responsables de la chute récente des financements internationaux pour la santé mondiale, l’éducation ou la nutrition, la France y joue un rôle de premier plan : les coupes françaises pourraient à elles seules entraîner 3,5 millions de décès supplémentaires d’ici 2030[1].

La France choisit d’abandonner les malades
La politique de développement de la France est déjà au bord du précipice : elle a perdu la moitié de ses capacités en trois ans. Pire encore, à l’intérieur du budget d’aide, elle choisit de concentrer ses coupes sur les programmes vitaux, ceux qui acheminent médicaments et nourriture aux enfants et familles en danger dans les théâtres de conflit et zones les plus fragiles. La France a récemment réduit discrètement de 60 % sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, dont elle est l’un des membres fondateurs, une coupe sans équivalent chez les autres grands bailleurs (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne).

Restaurer les taxes solidaires
Nos associations appellent maintenant les parlementaires à défendre le financement innovant de l’aide internationale par la taxe Chirac sur les billets d’avion et la taxe Sarkozy sur les transactions financières. L’ affectation directe d’une partie de leurs revenus à la solidarité internationale a été supprimée par le Gouvernement en 2025, allant à l’encontre du principe fondateur de ces taxes solidaires et de la volonté de quatre Présidents de la République. C’est pourtant un puissant levier pour répondre aux défis sanitaires et humanitaires mondiaux, sans peser sur les contribuables français ni sur le budget de l’Etat, qu’il s’agit de rétablir et d’amplifier.

Signataires:

ONE, Sidaction, Médecins Sans Frontières, et Action Santé Mondiale