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Lutte contre les inégalités vaccinales face au Covid-19 : le G20 santé fait du sur place

By 7 septembre 2021novembre 5th, 2021No Comments

Communiqué de presse

Ce dimanche 5 et lundi 6 septembre, se réunissaient à Rome les ministres de la santé du G20. Alors que les inégalités d’accès aux vaccins anti-covid se creusent chaque jour un peu plus, les pays du G20 n’ont pris aucune mesure décisive pour changer le cours des choses. La déclaration rappelle la nécessité d’agir, mais aucun engagement n’est pris sur des sujets cruciaux comme les objectifs de couverture vaccinale mondiale via plus de dons de doses, des engagements financiers additionnels et la levée temporaire des brevets.

Le communiqué des ministres de la santé multiplie les déclarations d’intentions. Il confirme l’importance de faire du vaccin contre le Covid-19 un « bien public mondial », avec un objectif de vacciner 40% de la population mondiale d’ici à la fin de l’année, ainsi que son soutien à la Charte pour un accès équitable aux outils médicaux de lutte contre le Covid-19. Il réaffirme ainsi l’engagement des Chef.fe.s d’Etat et de gouvernement du G20 en faveur d’un partage de vaccins sûrs, de qualité et abordables contre la Covid-19. La déclaration invite également au « renforcement de l’architecture et de la gouvernance sanitaire internationales », avec un rôle central de coordination et de leadership accordé à l’OMS. Enfin, elle rappelle l’importance du renforcement des systèmes de santé publics dans la préparation aux futures pandémies et la réalisation de la couverture sanitaire universelle (CSU). 

Si les Ministres de la santé du G20 n’appellent pas à passer à l’action, qui le fera ? Alors que le monde fait toujours face à la crise de Covid-19, comment imaginer que la communauté internationale puisse se préparer à la prochaine pandémie si elle ne se donne pas les moyens de mettre un terme rapidement à celle-ci partout dans le monde.

Il s’agit déjà du deuxième G20 depuis le début de la pandémie. Aujourd’hui, nous avons la chance de disposer d’outils médicaux efficaces pour lutter contre sa propagation et éviter les décès. Les vaccins d’une part, mais également des traitements et des diagnostics qui permettent, ensemble, de limiter la diffusion de la pandémie et de ses effets. Pour autant, le dispositif d’accélération de l’accès aux outils de lutte contre la pandémie (ACT-A) piloté par l’OMS n’est toujours pas financé à la hauteur des besoins, certains pays ne respectant même pas leurs engagements. Pendant ce temps, les inégalités vaccinales continuent de se creuser entre pays riches et ceux aux revenus moins importants. 75 % des doses de vaccins administrées l’ont été dans uniquement 10 pays. Les pays riches continuent d’amasser des doses de vaccins, les laissant parfois se périmer, tandis qu’une grande partie de la planète n’est pas protégée contre le virus. La France atteint 67% de taux de vaccination, alors que dans de nombreux pays à faible revenu notamment la vaccination ne dépasse pas 2% de la population. De même, la pénurie d’oxygène conduit à des situations dramatiques dans de nombreux hôpitaux.  

Une distribution équitable des vaccins jouerait un rôle central pour mettre un terme à la pandémie actuelle. La majorité des pays du G20 se sont engagés à redistribuer une partie des doses qu’ils ont commandées avec les Etats qui n’y auraient pas eu accès. Le rythme de ces partages doit s’accélérer car les pays à revenus faibles et intermédiaires continuent de voir leur accès aux vaccins repoussés.  

Parmi les principes répétés à l’envi par les membres du G20, l’appel à améliorer l’accès équitable aux outils contre le Covid-19 et notamment les vaccins. L’un des sujets clés concerne le partage de savoir-faire pour la technologie de l’ARN messager pour permettre la diversification et l’accélération de la production de vaccins dans les pays à revenu faible. Mais plusieurs pays du G20 refusent obstinément la levée des droits à la propriété intellectuelle qui permettrait à tous les pays qui en ont la capacité de lancer la production de vaccins. Le G20 comprend pourtant l’Afrique du Sud et l’Inde, qui avaient appelé en 2020 à la levée temporaire des accords ADPIC. Emmanuel Macron s’était aussi engagé publiquement à soutenir cette disposition en juin dernier. Ironiquement, le communiqué des Ministres de la santé du G20 salue la création de la plateforme de partage de savoir-faire pour les vaccins ARN messager de l’OMS, tandis qu’aucun des laboratoires leaders, sur ce qu’il faut appeler le marché des vaccins ARN Messager, ne s’est joint au Hub de l’OMS.

Alors que la fin du mois d’octobre verra se tenir une réunion commune aux ministres des finances et de la santé du G20, juste avant le sommet des chef.fe.s d’Etat et de gouvernement, espérons que, contrairement au G7, le G20 s’avère à la hauteur et donne à la communauté internationale les moyens d’agir vite et efficacement. 

Contact : 
Elise Rodriguez 
Directrice du plaidoyer pour la France et pour l’Europe 
erodriguez@ghadvocates.org