Alors que la France s’apprête à accueillir la Conférence Nationale Humanitaire (CNH) et à prendre la présidence du G7, le gouvernement opère un retrait budgétaire sans précédent qui condamne des millions d’enfants à la malnutrition. Sans une action immédiate pour sécuriser des financements pérennes, les discours resteront des gestes symboliques vides de sens. La faim qui frappe aujourd’hui au Soudan, à Gaza ou en RDC n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une série de désengagement politique orchestré.
Dans ce contexte, Action Santé Mondiale, lance aujourd’hui la campagne « On connaît la faim » : une mobilisation pour transformer l’indignation en action politique.
Cette campagne articulée autour d’un constat brutal — nous connaissons les causes, nous connaissons les solutions, il ne manque que la volonté — la campagne exhorte la France à prendre des mesures concrètes pour stopper l’hécatombe.
Une catastrophe annoncée, des chiffres qui alertent
Selon les derniers rapports internationaux, la situation est sans appel :
- À Gaza, 16 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë du fait du blocus et de la guerre.
- Au Soudan, la famine a été officiellement déclarée, et les cas de malnutrition sévère ont doublé dans les zones de conflit.
- Globalement, 14 millions d’enfants ont perdu l’accès aux soins nutritionnels essentiels en 2025, uniquement faute de moyens financiers.
Pourtant, la solution médicale est simple et éprouvée : les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) permettent un taux de guérison de 90 %. Ce qui manque, ce n’est pas le remède, c’est le financement.
Dans un environnement politique marqué par l’austérité, la trajectoire budgétaire française est alarmante. Les fonds dédiés à l’aide humanitaire s’effondrent : de 895 millions d’euros en 2024, ils chutent à 294 millions prévus pour 2026.
Face à ce retrait, Action Santé Mondiale ses partenaires proposent un levier d’action immédiat et réaliste : l’augmentation d’un centime par canette de la taxe sur les boissons sucrées, intégralement affectée aux urgences nutritionnelles. Un centime de plus par soda permettrait de traiter 2 millions d’enfants chaque année.
Nos demandes urgentes à la France
Action Santé Mondiale et ses partenaires MSF, ALIMA et UNICEF demandent au gouvernement français de :
- Mettre fin à la chute drastique des budgets humanitaires et stabiliser l’Aide Alimentaire Programmée (IFSAN) à un niveau décent ;
- Adopter la « Taxe Soda solidaire » : augmenter d’un centime le prélèvement sur les boissons sucrées pour générer 100 millions d’euros de financements fléchés vers la la lutte contre la malnutrition ;
- Replacer la nutrition au cœur de la diplomatie française lors de la Conférence nationale humanitaire (CNH) et de la présidence du G7 de 2026 ;
- Garantir la flexibilité des fonds pour permettre aux acteurs de terrain d’interpeller et d’agir sans délai dans les zones de famine.
Les gouvernements, par leur silence ou leurs arbitrages budgétaires, se rendent complices d’une tragédie évitable. Ils ont l’obligation morale et légale d’agir. Ils ne peuvent se contenter de paroles creuses et doivent exercer un leadership réel en utilisant les leviers fiscaux et diplomatiques à leur disposition pour mettre fin à la faim orchestrée.
On connaît la fin de l’histoire. Il est encore temps de changer le scénario.

