À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la France a accueilli à Lyon le One Health Summit, un rendez-vous tourné vers l’action pour protéger à la fois la santé humaine et celle de la planète.
Cet événement, ponctué d’annonces politiques, était d’abord une occasion de rappeler le rôle central de la science et du multilatéralisme dans l’orientation des politiques publiques, dans un monde où l’expertise scientifique et la coopération internationale n’ont jamais été autant remises en cause.
En matière de climat et de santé, la déclaration « One Health and Beyond » signée par plusieurs pays et organisations internationales, s’inscrit parmi les engagements notables. En plaçant l’approche One Health au cœur des politiques nationales d’adaptation au changement climatique, elle envoie un message clair en faveur de systèmes de santé plus résilients face à ses impacts. Elle contribue aussi à renforcer l’intégration des enjeux sanitaires dans les négociations climatiques, notamment dans le cadre des COP.
Pour autant, que ce soit en matière de santé-environnement ou de santé mondiale, l’engagement de la France demeure décevant face à l’ampleur des défis et en contradiction avec la réalité des politiques françaises.
Alors même que la France affiche son soutien aux grandes initiatives de santé globale, les financements qu’elle alloue à la santé mondiale sont en chute libre, menaçant la sécurité sanitaire globale.
L’ambition de soutenir la mise en œuvre de l’approche « une seule santé » se heurte également à une réalité alarmante. En France et au niveau européen, les scandales sanitaires liés aux pollutions s’enchaînent, les reculs réglementaires se multiplient, tandis que l’expertise publique et indépendante en matière de santé et d’environnement est attaquée de toutes parts. Les effets sanitaires du changement climatique, de la destruction de la biodiversité et de la pollution nécessitent pourtant une action coordonnée mais surtout des moyens alloués aux acteurs qui défendent notre futur. Les engagements français restent à ce titre encore bien trop vagues pour réellement répondre aux enjeux.
La France a l’opportunité de placer la santé mondiale et l’approche « une seule santé » au cœur de l’agenda international et national dans les prochains mois, à l’occasion du Sommet Africa Forward à Nairobi en mai, mais aussi tout au long des discussions dans le cadre de sa présidence du G7. Nous attendons désormais de la France qu’elle se positionne concrètement en faveur de la santé globale et de l’environnement et qu’elle aligne ses politiques sur ses ambitions proclamées.

